C'était comme un morceau de jazz. Tu sais immédiatement si tu vas aimer ou non. Quelques notes d'introduction, une voix douce, quelques rimes, et le tour est joué. C'était exactement pareil. Au bout de seulement quelques secondes, je savais que j'aimais. L'acoustique était parfaite. Je n'avais pas besoin de plus de temps pour être sûr. Cette certitude que jamais je n'avais éprouvé. L'alchimie parfaite, le contraste et la beauté. Tout était beau, bien trop beau. J'ai profité de ces moments. J'ai profité de tes sourires, j'ai profité de tes yeux, j'ai profité de tout ton être, comme tu profitais de mon amour. Oui, je m'en souviens encore, il ne m'avait fallu que quelques secondes pour savoir que je t'aimais. Tu avais poussé la porte, et je t'avais vu. J'étais assis à l'autre bout de la pièce, tu étais de dos, mais ton parfum m'était parvenu, et déjà, je ne pouvais détacher mes yeux de ton corps. J'attendais. J'attendais patiemment que tu te retournes. J'attendais de pouvoir croiser ton regard. Quand tes profonds yeux bleus se sont plongés dans les miens, je n'ai pas souris. Mon regard n'a pas cillé. Je n'ai rien dit. J'étais assis là, mes pensées en ébullition, en hypertension, ma poitrine implosant en silence. Cette nonchalance, ces faux-semblants. J'aimais tout, vraiment tout. Alors, comme dans cette chanson de jazz, les événements se sont brutalement enchainés. Je me suis levé. Je ne t'ai pas dit mon prénom. Je n'ai d'ailleurs pas parlé. J'ai simplement imprégné la pièce de mes pensées. J'ai laissé mon c½ur te crier en silence tout ce qu'il ressentait. Ivre, ivre de toi était-il. Quelle étrange sensation, quand, quelques heures plus tard, tu entendais cet homme te susurrer :
- "Qu'importe mon prénom, tu ne sais rien de moi, et tu m'as pourtant déjà tout pris. C'est sans importance, puisque de toute façon, je t'aurai tout donné. Je voulais simplement penser tout haut, au détour d'une conversation innocente, que l'espoir aidant, la vie passant, toi, adossée à ce balcon les cheveux virevoltants et les yeux étoilés, et bien je crois que je t'aime."
Mais quel fou, alors. Et ton sourire, qui me disait de sauter. De sauter à pied joint dans l'inconnu. Qu'importe le reste, je devais sauter, sans parachute, sans me soucier de la chute, juste sauter et contempler. C'est ce que j'ai fait. La chute était belle. Elle était douce. Pendant tout ce temps, j'ai vécu. J'ai vécu de toi. J'ai vécu de ton regard et de tes attentions. J'ai vécu des fenêtres entrouvertes et des doux rideaux tirés de moitié. Si seulement j'avais pu les ouvrir en grand, et empêcher l'inéluctable. L'inexorable ascension de la sombre réalité. Du noir sur les couleurs, de l'éphémère sur la beauté. J'entends encore ta voix. Cette voix que j'aimais tant. Que j'aime malheureusement. Cette voix douce, enchanteresse. Qui aurait pensé qu'elle pouvait faire si mal.
- "J'ai vécu de si belles choses avec toi. Mais ai-je réellement vécu ? Es-tu seulement réel ? Je ne sais plus si depuis que je te connais, mes pieds ont touché une seule fois Terre. Je ne me suis jamais arrêté, j'ai vécu pour toi comme tu as vécu pour moi. J'ai souris chaque fois que tu étais là, j'ai plané chaque fois que tu me parlais. Je t'ai aimé. Je t'ai aimé comme jamais je n'avais aimé. Mais il y a ce mais. Ce mais que toi tu as banni, moi, je n'ai pas réussi. Il persiste, insignifiant si longtemps, et croissant au fur et à mesure du temps. Aujourd'hui, il me prend au visage. Il lacère mon c½ur que tu as tant défendu, que tu as tant corrompu de ton amour fou, mais aujourd'hui, il implose et moi j'explose. En renonçant à toi, je renonce à la vie, mais c'est mon choix, car réalité il y a. Tout comme vérité il y a, et toi, tu n'es pas dans le vrai."
Dernières paroles, les sens s'épuisent, s'amenuisent, et les dernières notes me brouillent la vue et me lacèrent le c½ur, liquéfié. "Lover, you should have come over." Les larmes, puis :
- "Je préfère mille fois vivre heureux qu'être dans le vrai."
- "Qu'importe mon prénom, tu ne sais rien de moi, et tu m'as pourtant déjà tout pris. C'est sans importance, puisque de toute façon, je t'aurai tout donné. Je voulais simplement penser tout haut, au détour d'une conversation innocente, que l'espoir aidant, la vie passant, toi, adossée à ce balcon les cheveux virevoltants et les yeux étoilés, et bien je crois que je t'aime."
Mais quel fou, alors. Et ton sourire, qui me disait de sauter. De sauter à pied joint dans l'inconnu. Qu'importe le reste, je devais sauter, sans parachute, sans me soucier de la chute, juste sauter et contempler. C'est ce que j'ai fait. La chute était belle. Elle était douce. Pendant tout ce temps, j'ai vécu. J'ai vécu de toi. J'ai vécu de ton regard et de tes attentions. J'ai vécu des fenêtres entrouvertes et des doux rideaux tirés de moitié. Si seulement j'avais pu les ouvrir en grand, et empêcher l'inéluctable. L'inexorable ascension de la sombre réalité. Du noir sur les couleurs, de l'éphémère sur la beauté. J'entends encore ta voix. Cette voix que j'aimais tant. Que j'aime malheureusement. Cette voix douce, enchanteresse. Qui aurait pensé qu'elle pouvait faire si mal.
- "J'ai vécu de si belles choses avec toi. Mais ai-je réellement vécu ? Es-tu seulement réel ? Je ne sais plus si depuis que je te connais, mes pieds ont touché une seule fois Terre. Je ne me suis jamais arrêté, j'ai vécu pour toi comme tu as vécu pour moi. J'ai souris chaque fois que tu étais là, j'ai plané chaque fois que tu me parlais. Je t'ai aimé. Je t'ai aimé comme jamais je n'avais aimé. Mais il y a ce mais. Ce mais que toi tu as banni, moi, je n'ai pas réussi. Il persiste, insignifiant si longtemps, et croissant au fur et à mesure du temps. Aujourd'hui, il me prend au visage. Il lacère mon c½ur que tu as tant défendu, que tu as tant corrompu de ton amour fou, mais aujourd'hui, il implose et moi j'explose. En renonçant à toi, je renonce à la vie, mais c'est mon choix, car réalité il y a. Tout comme vérité il y a, et toi, tu n'es pas dans le vrai."
Dernières paroles, les sens s'épuisent, s'amenuisent, et les dernières notes me brouillent la vue et me lacèrent le c½ur, liquéfié. "Lover, you should have come over." Les larmes, puis :
- "Je préfère mille fois vivre heureux qu'être dans le vrai."




