Tale of ordinary sadness.

Tale of ordinary sadness.
Le monde perd de ses couleurs et vire au noir et blanc. Seul ce goût amer perdure. Chacune de mes paroles est insensée, reste en suspension au bord de mes lèvres. J'ai le regard hagard, je déambule, assommé, je ne sais plus, je ne pense plus. Et pire, je ne rêve plus. Je ne suis que poussière, la nuit m'apaise autant qu'elle m'effraie, et je ne dors plus. Je me résous, encore une fois, à marcher, aveugle et parcourir ces longs couloirs. Je me souviens d'une mélodie au loin, je marchais pour l'atteindre, je sentais qu'elle pouvait m'aider. Mais chaque seconde, elle m'échappait un peu plus. Le temps m'échappe. Il fait nuit noire, et les couloirs sont hantés par tous ces gens, qui comme moi, veulent s'échapper. Ma vision se brouille. J'ai peur. J'ai froid. Je meurs.




C'était pittoresque. Ce grand salon, parfumé des rires festifs mêlés à l'alcool. Je parlais, je buvais, je riais, j'étais. Et puis un coup de téléphone, l'ivresse, et la retombée. Je retourne m'asseoir, l'air de rien. Je ris, encore. Je bois, toujours. Puis j'éclate en sanglot. De ces chaudes larmes qui brûlent la peau. Personne ne me voyait, et c'était tant mieux. Il n'y avait qu'un seul élément corrosif dans cette pièce, qu'une unique personne à part, assise, seule, et c'était moi. Tout s'agitait, et moi je ne bougeais plus. La vision brouillée, je ne comprenais plus. Plus rien. Il suffit de se lever, de mettre son manteau, et de s'éclipser, de toute façon personne ne voit rien. Je titube, marche, tombe, et m'ouvre l'arcade. Mais qu'importe, je ne sens rien. Je descends les escaliers, ouvre la porte, et mon visage est délicatement glacé par la caresse du vent. Mon col virevolte dans tous les sens, mes cheveux se battent entre eux, et mon c½ur, lui, se laisse mourir. Je marchais dans la nuit glaciale, les rues vides, mon c½ur avide. A vide. Je m'étais assis sur ce petit banc bleu, face à ce mignon Jardin dans lequel les couples venaient surement par dizaines. Et cette scène antipathique, comme l'élément moteur d'un torrent de larmes éparses, laissant de longues trainées salées sur ce visage terne. Plus tard, je rentrais. Et comme le fantôme que j'étais, je me glissais de nouveau parmi les vivant, dans ce monde tournant à toute allure, en noir et blanc. Plus tard encore, certains me voyaient vomir une bile aigre. Comprenaient-ils que tout ce que je vomissais n'était que haine et ranc½ur. Symbole d'un malêtre persistant. Symbole d'un amour déchu, avarié, mais surtout illusoire.

# Posté le mardi 01 janvier 2008 08:14

Modifié le mardi 29 avril 2008 07:13

Tu es ma vie, tu es mon souffle, mais tu as le souffle court mon amour.

Tu es ma vie, tu es mon souffle, mais tu as le souffle court mon amour.
Et mes larmes coulaient. Elles s'abattaient sur tes mots, tels des couteaux tranchants, liquéfiant l'encre que tu avais apposée ici avec tes longs doigts fins que j'aimais tant. Tu sais, les mots étaient comme choisis. Mes larmes se dirigeaient d'elles même vers ceux que jamais, depuis tout ce temps, je n'avais eu la force de te dire. L'auréole bleue formait un soleil abstrait, difforme, comme celui qui régnait dans le ciel en ce jour, noir. Ce dernier "mon amour" se confondait désormais au papier, et disparaissait dans le néant et les méandres de l'amour consumé. J'avais mal. J'avais mal d'amour. Cette lettre m'enfonçait six pieds sous terre. Tes mains me manquaient. Je me souviendrais toujours de tes mains. Tu sais, je me rends compte que je ne t'ai jamais dit que je n'étais heureux qu'en ta présence. Je te l'ai montré, certes, mais jamais je ne te l'ai dit. Si tu savais comme je m'en veux. J'aurai souhaité que tu sois en moi dans ces moments-là. J'aurai aimé que tu sois mon ventre, pour sentir la caresse d'un battement d'aile et d'un papillonnement utopique. J'aurai aimé que tu sois ma pupille, pour voir les larmes de bonheur monter et s'accumuler, sans jamais me trahir quand tu me souriais. Et par dessus tout, j'aurai voulu que tu sois mes pensées, pour comprendre, emplir, voir, et partager mes rêves. Tu avais coutume de dire que j'étais un rêveur. Moi, j'acquiesçais simplement, d'un sourire. Sache, mon amour, que quand je me perdais dans mes pensées, ce n'était que pour mieux te contempler et m'enivrer de la profondeur de tes yeux. Que quand la mélancolie me gagnait, seul ces mêmes yeux et la délicatesse de tes mains me rendaient à la réalité. Et que seule ta voix m'apaisait quand j'avais peur. Seul ton amour comptait. J'ai mal mon amour. Oui, j'ai mal de toi. Tu sais que je n'ai jamais su raconter les histoires d'amour. Maintenant je me rends compte que je n'ai jamais su les vivre non plus. Je me contentais de les rêver. J'ai mal mon amour. Cette lettre me détruit. J'aimerai te crier tout mon amour, je n'ai jamais autant désiré quelque chose, mais je sais que j'en suis incapable. Je sais que toi aussi, tu verseras quelques larmes à la vue de mes mots. Peut-être même simplement à la vue de mon écriture sur l'enveloppe. De notre écriture, tu te souviens. Mon amour, tes mots ont transpercé mon c½ur, et les saignements sont si denses que bientôt, plus rien n'aura de sens. L'hémorragie est telle que mes lèvres perdent de leur couleur. De cette couleur que seuls tes baisers les faisaient vermillonner. Tournons la page mon amour, mais jamais, ô grand jamais, je ne pourrais fermer le livre de notre histoire, car éternellement, si toi tu ne le fais pas, alors je m'emploierai à noircir les pages vierges de mes rêves les plus oniriques et de mes pensées éternellement amoureuse. Dans la marge, je dessinerai ton visage, et au coucher du soleil, dans un dernier souffle, je te murmurerai à l'oreille ce seul "je t'aime", que jamais je n'ai su prononcer.

# Posté le dimanche 30 décembre 2007 12:20

Modifié le mardi 01 janvier 2008 11:36

Et elle m'a crié. Ce soir, ton c½ur va y passer.

Et elle m'a crié. Ce soir, ton c½ur va y passer.
Ce monde est laid. Moche. Galvanisé par la pourriture ambiante, stagnant haut au-dessus de nos têtes. S'appuyant sur nos humeurs vagabondes et égocentriques. Je plane totalement. Assis au milieu de mon salon, tête en arrière, yeux rivés au plafond. Je contemple cette araignée accrochée au lustre et me dit que cette araignée, ce pourrait être moi. Je perturbe, effraie et accroche les gens à ma toile. Une fois pris, vous êtes finis. Je délire totalement, parlant tout haut, seul, écoutant l'écho de ma voix sur les murs crépis et m'amusant à fermer les yeux par intermittence, juste pour voir au delà d'une quelconque vérité. Je rêve les yeux ouverts, et vis les yeux fermés. Je suis en chute libre, et j'aime m'approcher le plus près possible de cette épaisse paroi n'aspirant qu'à me tuer. Le mur de mensonges s'assimilant aux vérités absurdes de la vie, l'enceinte de protection, la barrière infranchissable de pensées noires et fantasques entremêlées tel le fracas de sentiments submergeant une seule et même personne au paroxysme de sa vie. Je suis une vieille boite en fer, rouillée, emplie de bordel et d'amour. Je tombe et ne fais rien pour stopper cette chute sans fin. Je ne respire plus et attends impatiemment le bouche à bouche, le massage cardiaque m'écrasant le coeur. Cette pression exercée sur les ventricules me permettant de vomir toute cette ranc½ur, tout ce bonheur malheureux. Mon corps est précipité en arrière, je me retrouve allongé sur de grands coussins aussi rouges que le sang s'écoulant de mon nez. Je touche ce cauchemar du bout des doigts et attends paisiblement la coagulation. Les lèvres convulsées par un rire nerveux, je pleure et expie des années de crimes. De crimes contre la vie. Contre l'amour, même. Je voudrai m'excuser devant ce mot léger, annihiler toute vraisemblabilité à sa définition et repartir de zéro. Peut-être faudrait-il que j'arrête de rêver ma vie, et commencer à la vivre. Mais à quoi bon. A quoi, à qui pourrais-je me raccrocher si l'on me supprimait ma liberté de rêver. A l'instant même où l'on m'empêchera de m'échapper, de toucher cette science du rêve du bout des lèvres, je mourrai.

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 16:59

Modifié le dimanche 28 octobre 2007 11:01

Respire vieux sage. Et dans ce dernier souffle, souviens toi.

Respire vieux sage. Et dans ce dernier souffle, souviens toi.
As-tu déjà assisté à un tel spectacle ? Regarde moi ça putain. Ces rues vides, avides, froides et dangereuses, portant les germes de la peur jusqu'aux seuils des baraques qui les bordent, et où vivent les familles des fantômes qui s'échangent de mains voleuses en mains criminelles le rêve en poudre qui les fera mourir tôt ou tard. N'est-ce pas dérisoire ? Au loin, tu devines ces braseros qui éclatent cette nuit sombre de leurs étincelles, et vermillonnent les faces sales et les corps pliés. Ces quelques maisons aux lumières blafardes, jaunâtres, aux antipodes du sourire niais posé délicatement sur ton visage. Mais toi, que fais-tu ? Toi, tu es debout, au bord de cette piscine à débordement surplombant des kilomètres carrés de paysages. Et tu ne fais rien. Si. Tu contemples, tu penses, tu questionnes. Apprend-on à être libre, c'est ça ? Effrayant. Et attirant à la fois, hein. Derrière toi se dresse cette immense bâtisse aux murs blancs, trop blancs. T'aimerais balancer des pots de peinture éclatante sur cette immense toile vierge à dépuceler, hein ? Eclabousser de ta mélancolie cette surface lisse et bien trop amorphe à ton goût. Mais regarde. Regarde-les se marrer tous à l'intérieur. Là-bas c'est la vie, et toi tu restes dans l'ombre terrifiante de la perdition. Qu'est-ce que tu fous ici, à regarder au loin comme un con ? Tu es ivre mort, ça ne trompe personne. Casse-toi, file à l'intérieur, vas rire, boire, faire semblant d'être heureux et vivre ta jeunesse dépravée. Tu sais qu'elle n'attend que ton arrivée pour irradier ses murs de bien-être. Tu souris, mais tu es hésitant. C'est un sourire triste, que je ne te connaissais pas. Le contexte, c'est vrai, excuse-moi. Trop tard n'est-ce pas ? C'est perdu. Tu viens de tout perdre. Ça y est, j'ai compris. Oui, j'ai compris le pourquoi. C'est stupide. Tout ça parce que tu sais que tu vas crever toi aussi, mais que tu n'oses le dire à personne. Tu penses avoir assez profité ? Non, abruti, tu n'auras jamais assez d'une vie pour briller et t'émerveiller des splendeurs que cette saloperie peut t'offrir. Tes traits sont lâches et ta beauté s'échappe. A moins que ce ne soit ton âme. Alors un conseil, ne te laisse pas submerger par son sourire et ses rires, ses mimiques et cette fossette ouvrant la parenthèse que tu souhaites voir indéfiniment plissée. Tu sais que ce soir tu devras la briser. Oh oui, un conseil, profite de cette accalmie, prends ton courage à deux mains, tes jambes à ton cou, et vas-t'en. Il se met à pleuvoir, échappe-toi. Disparait. Non. Tu ne peux pas l'emmener. Avance toi dans cette jungle obscure. Et meurt, la tête haute. Maintenant. C'est l'heure de t'effacer. Et d'oublier.

# Posté le dimanche 09 septembre 2007 07:30

Modifié le jeudi 25 octobre 2007 14:28

Bonjour, je ne t'aime pas. Au revoir, je suis fou de toi.

Bonjour, je ne t'aime pas. Au revoir, je suis fou de toi.
" - Qui es-tu ?

- Moi ? Putain, si tu savais. Attends, attends. Je rigole, juste une fois, c'est promis. Et je prends ma respiration. Attention, attention. Haha. Moi, je suis l'homme le plus banal que tu croiseras dans ta vie. Ce qui fait sûrement toute mon originalité. J'ai une vie banale absolument palpitante. Je suis beau mais je ne le sais pas. Cette phrase prouvant que le fait de ne pas le savoir me permet d'en avoir conscience, en somme. Pourtant j'ai rien demandé moi. C'est très con, hein ? Oui, c'est moi. Je suis une sorte de mec, en fait. De la race des arrogants aux voies impénétrables. Le genre beau-parleur grossier mais charmeur. Mal rasé sourire placardé sur la gueule, sans savoir pourquoi. Qui déblatère une quantité impensable de conneries. Qui s'amuse. Beaucoup. Qui passe sa vie à s'amuser, en fait. Regarde, je m'amuse avec toi. Merde. Je prends mon pied. Je suis l'homme qui connaît les femmes. Qui les connaît beaucoup trop bien. Trop, tu remarqueras. Trop n'est pas très. Et trop est surtout chiant si tu veux tout savoir. Parce que du coup je m'amuse moins. Et moi je ne veux que m'amuser. Il existe un adage qui dit "toutes les mêmes". J'aime bien les mecs qui le crient à tort et à travers. Tas d'inconscients. Mais moi j'adore les inconscients. Je m'amuse, avec eux. Oui je sais, je ne suis qu'un môme à toujours m'amuser. Putain mais ouais, à quoi bon grandir si c'est pour devenir vieux et con. Puisque j'ai le choix je préfère rester jeune et con. Comme la chanson. Très conne elle aussi. Mais je m'égare, excuse moi. Pour une jolie paire d'yeux, ou de fesses d'ailleurs, je peux très bien passer de Sinatra à America. Parler avec de jolis mots sortis d'on ne sait où, qui résonnent comme des caresses à tes oreilles et enchantent tous tes sens. Ou bien ne pas parler, mais plutôt vociférer quelques inepties arrogantes et pitoyables. C'est facile. La vie est facile à mes yeux. Je me lasse très vite de tout ce que je capte. Ma vie est donc en perpétuel renouveau. J'aime par intermittence, mais je ne sais ni aimer ni ce qu'est l'amour. Je passe mon temps à rire et sourire, mais je ne sais pas ce qu'est le bonheur. Tout en ignorant absolument tout des rudiments du malheur. Je suis une contradiction saisissante, une sorte de cauchemar irréel, envieux et enviable. Une expérience dont on ne sort pas indemne. Dans la rue, je cours, je marche. Je chante "You Know I'm No Good", sonnant tel un avertissement, mais personne n'y prête attention. Alors ce sourire en coin, me gagne, et les larmes chaudes glissent sur mes putains de joues. J'ai jamais compris ce phénomène, et je déteste le regard des gens apitoyé. Non, pardon, je l'adore. Encore une fois, tu vois, je les capte. C'est tellement simple. Merde. Je suis jeune. Inconnu. Et surtout libre. L'insaisissable intrigue, tu ne le savais pas ? Lorsqu'on m'attrape, je disparais aussitôt. Mais je parle, je parle, et ma salive s'évanouit comme les aiguilles tournent. J'imagine que désormais tu veux partir, ce qui en soit n'est pas un réel problème, me privant seulement de ces lèvres fines appelant au baiser, de ces longues jambes interminables qui ne me donne qu'une envie, les caresser, et surtout, de cette putain de magnifique poitrine qui m'aura fait rêver toute la soirée. Et ce qui est aussi tout à fait compréhensible maintenant que je t'ai obnubilé pendant ces, sûrement, longues minutes à tes yeux. Ah oui, je ne t'ai pas dit, je suis aussi particulièrement pervers. En fait, je suis ce que tout le monde déteste mais désire. Au final, je suis une descente aux enfers, brûlante comme un tison ardent, tu vois. Allez, brûle toi.

- A mon tour de rire. Je devrais dire quelques chose du genre, "Pour faire simple, tu es un vrai connard en fait". Tu répondrais sûrement, dans toute ton arrogance, "C'est bien moi" et là se finirait l'histoire. Je repartirais chez moi, tu continuerais ta vie minable et dépravée, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ta gueule, c'est moi qui parle. Car non, malheur de malheur, Ô déception, enfer et damnation, tu es tombé sur plus intelligent que toi. Une femme de surcroît. Quelle honte n'est-ce pas ? Haha. Je ris moi aussi, mais pas jaune. Noir. Est-ce que tu t'es déjà posé la question, la fameuse question, ne serait-ce qu'une seule fois ? Pourquoi ? Pourquoi fais-tu tout ça ? Pourquoi, hein ? Que caches-tu derrière ce masque de bonheur utopique et d'arrogance insatiable ? A quoi bon répandre le mal grâce à ce sourire, certes irrésistible ? Ta gueule. A quoi bon jouer un jeu auquel tu sais pertinemment être le seul participant ? Tu t'es formé un jeu propre, un univers fermé. Et ce pourquoi ? Parce que tu as peur. Hahaha, oui, toi tu as peur. Et tu as beau te le cacher, tu le sais parfaitement. Peur de perdre cette liberté comme tu dis, peur de ne pas plaire, peur d'être toi même, peur de marcher la tête haute, peur d'entrer dans le monde réel, peur de ne plus être un parfait inconnu, peur de ne plus oublier le prénom de la pouffiasse que tu viens de draguer au profit de son tour de poitrine, peur de trouver un point d'ancrage, peur de te livrer, de te dévoiler, peur de tellement d'autres choses. Mais surtout. Tu as peur d'aimer. Tais toi, putain. Tu sais que j'ai raison. Et moi je sais que tu échafaudes déjà dans ta petite tête tordue mais infiniment intelligente, ça il faut bien te le reconnaître, quelques répliques cinglantes et un échappatoire qui te permettra une fois de plus de te sortir de ce merdier, de cette situation désespérée. Tu passes ton temps à regarder, analyser, comprendre, déchiffrer. C'est ce qui te rend peut-être un peu moins con que la moyenne. Mais ce n'est pas ce qui t'élèves au-dessus du lot. Tu n'es qu'un aveugle. Tout au mieux borgne. Car à force de gymnastique intellectuelle, tu en perds l'essentiel : la simplicité. Pourquoi tout faire compliqué. Ah oui, pour impressionner, excuse-moi. Et bien, tu ne dis plus rien ? Ce doit être la première fois que ça t'arrive, hein ? Mais vas-y bordel, attaque moi, soit dur, comme toujours. Prononce ces mots, tes mots, qui te permettent d'éloigner quiconque approcherait de trop près ton petit jardin secret. D'éloigner en faisant mal. Tu les connais ces mots qui te donnent le pouvoir d'être détesté et adulé, alors vas-y, qu'est ce que tu attends ? Frappe, fais moi mal, remet moi à ma place. Tu sais que tes putains de racines sont en train de me gagner, toi l'homme froid, stoïque, irrésistible, alors vas-y dépêche toi avant qu'il ne soit trop tard. Allez, donne tout ce que t'as, sois exécrable, empêche moi de t'aimer, mais surtout, ne me sors pas une phrase du genre "Va, je ne te hais point". Nul besoin de prouver que tu es un minable petit poète, je crois que tout ce que tu récolterais serait une claque monumentale. On récolte ce que l'on sème, n'est-ce pas, puisque tu aimes bien les adages de bas-étages. Regarde, moi aussi je peux entremêler les lettres dans des rimes fantasques, et te captiver comme tu aimes tant le faire mais comme tu détestes tant l'être. Et merde, maintenant avec tes conneries j'ai tellement peur de ne plus jamais pouvoir partir et oublier tes yeux. Finalement, tu as encore gagné. Tu es l'éternel vainqueur de ta vie. Et c'est ce qui la dénue totalement de sens."


# Posté le lundi 27 août 2007 14:45

Modifié le mardi 10 juin 2008 13:54