L'horizon m'a perdu.

L'horizon m'a perdu.
" - J'ai vu les meilleurs esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus se traînant à l'aube dans les rues noires en quête d'une dose rageuse, avant-garde à têtes d'ange se consumant pour l'antique connexion extatique à la dynamo galactique dans la machinerie nocturne qui, misère et haillons, les yeux caves, défoncés passaient les nuits blanches à fumer dans l'obscurité surnaturelle de turnes à eau froide planant haut au-dessus des villes en contemplant le jazz...

- Putain, les mecs... E. est déchiré."


LA LIBERTÉ AMÈNE LA VIE.

# Posté le vendredi 20 juillet 2007 17:58

Modifié le dimanche 26 octobre 2008 20:41

Onirisme délirant doublé de loufoquerie absurde, cacophonique et racoleuse ?

Il se souvient. Ce soir chaud assis dans l'herbe. Entouré de gens qu'il ne connaissait même pas. A se détruire. Déliquescence de l'être. Ces mecs bizarres qui le fixaient d'un regard effrayé. Mélange de terreur. De pitié. De compassion. De haine. Saupoudré de honte. Et puis d'un coup. Tomber à la renverse. Un rideau blanc lui couvrant les yeux. Vomir ce qu'il n'a pas dans le ventre. Bile aigre. Vomir son désespoir. Sa ranc½ur. Sa brutalité. Expier tous ses malheurs. Se relever. Essayer de se défendre. Ne plus rien comprendre. Puis retomber à terre. La gueule ensanglantée. Respirant dans la douleur après le choc encaissé. Son sang se déversant à flots dans la jolie herbe verte. Qui n'était plus verte du tout. Entendre des voix lointaines. Si lointaines. Le menacer. Il s'était relevé inconsciemment. De toute façon il ne répondait plus de ses actes depuis bien longtemps ce soir là. Essayer de voir au loin. Ne distinguer que des formes très vagues. Indisciplinées. Courir sans savoir où il se retrouverait. S'effondrer dans les gravillons. Mains écorchées. Il ne sentait même plus la douleur à ce stade. Retourner dans l'herbe. Demi-tour. Et s'appuyer contre cette arbre. Séquoia géant chéri. Poser son front contre le tronc. Et vomir. Spasmes incontrôlés empêchant de respirer. S'effondrer le long du bois. Et s'endormir. Sans vouloir jamais se réveiller. Pour ne pas voir le sang coagulé sur son corps quelques heures plus tard. Pour ne pas voir les marques sur son visage. Pour ne plus sentir cette côte lui rentrer dans les poumons.





Se souvenir, c'est bien. Ou pas?
Onirisme délirant doublé de loufoquerie absurde, cacophonique et racoleuse ?

# Posté le mercredi 20 juin 2007 18:36

Modifié le jeudi 25 octobre 2007 14:30

C'est fou c'que j'peux t'aimer. C'que j'peux t'aimer des fois. Des fois j'voudrais crier. Car je n'ai jamais aimé. Jamais aimé comme ça. Ca je peux te l'jurer. Si jamais tu partais. Partais et me quittais. Me quittais pour toujours. C'est sûr que j'en mourrais. Que j'en mourrais d'amour. Mon amour, mon amour. C'est fou ce qu'il me disait. Comme jolis mots d'amour. Et comme il les disaient. Mais il ne s'est pas tué. Car malgré son amour. C'est lui qui m'a quitté. Sans dire un mot. Pourtant des mots. Y en avait tant. Y en avait trop. C'est fou c'que j'peux t'aimer. C'que j'peux t'aimer des fois. Des fois j'voudrais crier. Car je n'ai jamais aimé. Jamais aimé comme ça. Ca je peux te l'jurer. Si jamais tu partais. Partais et me quittais. Me quittais pour toujours. C'est sûr que j'en mourrais. Que j'en mourrais d'amour. Mon amour, mon amour. Et voila qu'aujourd'hui. Ces mêmes mots d'amour. C'est moi qui les redit. C'est moi qui les redit. Avec autant d'amour. A un autre que lui. Je dis des mots. Parce que des mots. Il y en a tant. Il y en a trop. C'est fou c'que j'peux t'aimer. C'que j'peux t'aimer des fois. Des fois j'voudrais crier. Car je n'ai jamais aimé. Jamais aimé comme ça. Ca je peux te l'jurer. Si jamais Lalala Lalalala Lalalala. C'est sûr que Lalala Lalalala Lalalala. Mon amour, mon amour. Au fond ce n'était pas toi. Comme ce n'est même pas moi. Qui dit ces mots d'amour. Car chaque jour. Ta voix. Ma voix. Ou d'autre voix. C'est la voix de l'amour. Qui dit des mots. Encore des mots. Toujours des mots. Les mots d'amour. C'est fou c'que j'peux t'aimer. Mon amour, mon amour. Si jamais tu partais. C'est sûr que j'en mourrais. C'est fou c'que j'peux t'aimer. C'que j'peux t'aimer... d'Amour.

C'est fou c'que j'peux t'aimer. C'que j'peux t'aimer des fois. Des fois j'voudrais crier. Car je n'ai jamais aimé. Jamais aimé comme ça. Ca je peux te l'jurer. Si jamais tu partais. Partais et me quittais. Me quittais pour toujours. C'est sûr que j'en mourrais. Que j'en mourrais d'amour. Mon amour, mon amour. C'est fou ce qu'il me disait. Comme jolis mots d'amour. Et comme il les disaient. Mais il ne s'est pas tué. Car malgré son amour. C'est lui qui m'a quitté. Sans dire un mot. Pourtant des mots. Y en avait tant. Y en avait trop. C'est fou c'que j'peux t'aimer. C'que j'peux t'aimer des fois. Des fois j'voudrais crier. Car je n'ai jamais aimé. Jamais aimé comme ça. Ca je peux te l'jurer. Si jamais tu partais. Partais et me quittais. Me quittais pour toujours. C'est sûr que j'en mourrais. Que j'en mourrais d'amour. Mon amour, mon amour. Et voila qu'aujourd'hui. Ces mêmes mots d'amour. C'est moi qui les redit. C'est moi qui les redit. Avec autant d'amour. A un autre que lui. Je dis des mots. Parce que des mots. Il y en a tant. Il y en a trop. C'est fou c'que j'peux t'aimer. C'que j'peux t'aimer des fois. Des fois j'voudrais crier. Car je n'ai jamais aimé. Jamais aimé comme ça. Ca je peux te l'jurer. Si jamais Lalala Lalalala Lalalala. C'est sûr que Lalala Lalalala Lalalala. Mon amour, mon amour. Au fond ce n'était pas toi. Comme ce n'est même pas moi. Qui dit ces mots d'amour. Car chaque jour. Ta voix. Ma voix. Ou d'autre voix. C'est la voix de l'amour. Qui dit des mots. Encore des mots. Toujours des mots. Les mots d'amour. C'est fou c'que j'peux t'aimer. Mon amour, mon amour. Si jamais tu partais. C'est sûr que j'en mourrais. C'est fou c'que j'peux t'aimer. C'que j'peux t'aimer... d'Amour.
Un air de fête.
Un air de jazz.
Un air d'amour.






Anita O'Day. Bill Evans. Billie Holiday. Cab Calloway. Charles Mingus. Charlie Parker. Chet Baker. Count Basie. Dave Brubeck. Dee Dee Bridgewater. Diana Krall. Dizzy Gilespie. Duke Ellington. Ella Fitzgerald. Glenn Miller. Jimmy Rushing. Joe Handerson. Joe Sample. John Coltrane. Johnny Hartman. Lester Young. Louis Armstrong. Miles Davis. Nina Simone. Ray Charles. Sonny Rollins. Sonny Stitt. Stan Getz.

# Posté le mardi 29 mai 2007 17:25

Modifié le mardi 04 septembre 2007 11:34

GHOSTWRITER.

GHOSTWRITER.
Il pleut à torrents. Il n'y voit plus à 2 mètres devant lui. Il est trempé jusqu'aux os, et pourtant, il a chaud. Incroyablement chaud. La chaleur qui envahit son corps contraste avec cet immense ciel d'un gris sombre. Ca le fait sourire. Il croise un groupe de jeunes filles, courant pour se faire mouiller le moins possible. L'une d'entre elles glisse, il la rattrape in extremis. Elle l'insulte. Il lui a fait mal au bras. Idiote. Il reprend sa marche, ses cheveux lui tombent sur le visage avec cette pluie. De fines gouttes glissent le long de son nez. Il prend la petite rue à droite. Il croit apercevoir sous la pluie une personne s'éloignant de lui à grands pas. Et se cachant tant bien que mal sous un porche. Peut-être est-ce son long manteau noir et sa barbe de trois jours qui effraient. Il s'en fou complètement. Il marche encore quelques minutes sous ce déluge. Sonne au n°2. Cette porte délabrée lui plait particulièrement. Ces volets à la peinture écaillée. Il aime cet endroit. Bruit de serrure. La porte s'ouvre. Il s'engouffre. Sent une main empoigner la sienne. Elle l'entraine à l'intérieur. Il y a une douce odeur de vieux bois dans cette pièce. Il s'y sent bien. Elle se retourne. Le regarde de ses profonds yeux bleus. Et dépose un tendre baiser sur sa joue droite. Elle s'éloigne. Arrête ce vieux vinyles d'Elvis. Il s'assied devant son piano. Et commence quelques accords. Puis il entame cette Nocturne de Chopin. Ce morceau qu'elle aime tant. Ses doigts glissent le long des touches. En accord parfait. Elle s'approche. Passe sa main dans ses cheveux encore mouillés. Lui caresse les bras de son autre main. Et embrasse son cou. Son parfum ennivre tous ses sens. Il arrête de jouer. Se lève. La regarde fixement. Prend ses mains dans les siennes. Il remarque une légère teinte jaune aux bords de ses pupilles. Il est comme ensorcelé par ses yeux magnifiques. Etourdi. Ses paupières tressaillent. Et lorsqu'il les ouvre de nouveau. Ses lèvres ne sont plus qu'à quelques centimètres des siennes. Il sent son souffle chaud le parcourir. Il parcourt ces quelques centimètres. Et l'embrasse. Ses lèvres sont douces. Un léger parfum de fraise s'est incrusté en lui après ce tendre baiser. Elle l'entraine à l'extérieur. Il pleut moins désormais. Les nuages sont moins gris. Certaines personnes commencent à sortir de leurs maisons. De leurs abris. Les sourires renaissent au milieu des visages. Elle le tire jusqu'au tram. Ils s'assoient. Il la contemple encore et toujours. Il ne s'en lasse pas. Pendant le trajet, il se remet à pleuvoir. Avec violence. Ils sortent en courant. Elle l'emmène sur cette colline. Ils montent en essayant de ne pas glisser sur cette terre devenue boue à cause de la pluie. Arrivés en haut. Il s'arrête encore une fois de pleuvoir. Il aperçoit un banc. Elle s'y assied. Il la rejoint. Vue imprenable sur Bordeaux. Et sur l'énorme nuage gris qui surplombe la ville. Ce nuage qui pleure des litres de larmes à quelques centaines de mètres d'eux. Puis vient l'arc en ciel.

# Posté le samedi 26 mai 2007 06:34

Modifié le dimanche 15 juin 2008 11:39

Ressentir de nouvelles émotions. Que l'on ne soupçonnait même pas. L'évasion, en somme.

Ressentir de nouvelles émotions. Que l'on ne soupçonnait même pas. L'évasion, en somme.
Assise sur les marches de cet escalier, Zoé pense. C'est une belle fin de journée. Le soleil se couche. Et le vent fait chanter les feuilles. Elle le regarde. Il se trouve en plein milieu du jardin. A côté du grand rosier. Il est étendu là. Dans l'herbe. Le regard tourné vers le ciel. Vers cet immense ciel bleu et sans nuages. Vers l'avenir. Il est jeune. 18 ans tout au plus. Pourtant Zoé sait qu'il connaît parfaitement la vie. Elle sait qu'il est différent de tous les autres hommes. Elle sait qu'il a dû surmonter nombre de choses dans sa courte vie. Cela se voit. Se Sent. Elle le contemple. Sous son tee-shirt, elle devine des formes épurées. Somptueuses. Il est grand et vigoureux. Elle le sent. Elle continue et remonte au niveau de son visage. Ce cou si solide et fragile à la fois. Cette tête d'ange. Paumettes saillantes. Grands yeux d'un noir de jais. Son nez fin. Zoé pourrait s'extasier des heures sur cet homme. Mais elle sait que c'est la dernière fois qu'elle pourra profiter de sa venue. Son maquillage coule. De longues traînées noires parcourent ses joues. Elle ne sait si ses larmes sont de la joie ou de la tristesse. Cela lui importe peu. Elle se lève et va le rejoindre. Elle s'étend près de lui et pose sa tête sur son torse. Elle sent son c½ur battre. Sa tête se soulève à chaque inspiration. Il lui caresse le visage et passe sa main dans ses cheveux. Délicatement. Essaie d'essuyer son maquillage. Sans succès. Zoé aimerait lui dire tout ce qu'elle a sur le c½ur. Lui dire à quel point elle l'aime. Lui dire qu'elle a pensé à lui jour et nuit depuis 4 mois. Que lorsqu'elle marchait elle imaginait sa main dans la sienne. Que son visage l'accompagnait partout. Mais aucun mot ne sortira. Finalement, c'est lui qui parlera. Mais Zoé n'écoute même pas. Elle profite juste de cette magnifique voix grave. Son corps vibre sous l'intonation si particulière de cette voix. Et quand elle daigne écouter ce qu'il lui dit. Elle n'entend que quelques mots. "Aimais. Longtemps. Voyage. Changé. Vivre. Jeune." Sans aucun mal elle comprend ce qu'il veut lui dire. Il parle au passé. Lui qui a toujours dit qu'il ne pensait qu'au présent et à l'avenir. Cela lui fait mal. Et son maquillage en coule de plus belle. Ils se lèvent. S'étreignent. Une dernière fois. Zoé voudrait qu'il l'embrasse. Pour ne jamais oublier la chaleur de ses lèvres. Mais il n'en fera rien. Il ramasse son sac. Lui sourit. Ce sourire. Elle en a un haut le c½ur. Puis il se retourne et claque la porte. Avec la douceur qui l'a toujours caractérisé. Elle se précipite à la fenêtre pour le voir une dernière fois. Mais il n'est déjà plus là. Zoé sait qu'il a voulu rester digne. Elle sait qu'il a voulu lui faire croire qu'il ne serait pas chamboulé. Mais elle le connaît trop bien. Elle sait que secrètement il a pleuré en partant. Elle sait qu'il regrette. Elle sait qu'il l'aime encore. Elle ne comprend plus. Elle prend ses clés et se précipite à sa poursuite. Elle est pieds nus et le goudron lui brûle la peau. Les gens la dévisagent. Il est rare de voir une si belle femme sortir à moitié habillée, les joues recouvertes de maquillage. Elle n'y fait pas attention. Et se précipite à l'arrêt de bus. Leur arrêt de bus. Elle sait pertinemment qu'il y sera. En souvenir. De tout ça. Quand elle y arrive, elle le voit monter. Elle crie. Mais il n'entend rien. Ses sanglots étouffent sa voix. Il est déjà trop loin. Elle court pour rattraper le bus. Et elle le voit jeter quelque chose. Elle ramasse ce qu'elle pense être un vulgaire bout de papier. Et tombe sur une photo. Une photo d'eux. Cette photo qu'ils avaient pris dans un photomaton après avoir passé une journée idillyque. Ensembles. Cette photo où Zoé est sur ses genoux. Où ils sourient. Tous les deux. Cette photo respire l'amour et le bien être. Mais cette photo, il l'a jeté. Et Zoé comprend. Tout est fini. Et elle rentre chez elle. Dormir pour oublier. Pour ne jamais plus se réveiller.

# Posté le dimanche 13 mai 2007 10:42

Modifié le jeudi 08 novembre 2007 17:25